Où j'en suis aujourd'hui
Après 11 ans dans le solaire et 5 ans fonctionnant sur batteries, mon installation actuelle se compose de 8400 Wc de panneaux photovoltaïques et d'environ 45 kWh de stockage. Au quotidien, l'ensemble tient bien la charge : la batterie peut être pleine dès la mi-journée les jours ensoleillés et permet de couvrir une grande partie des besoins de la maison.
Chauffage : climatisation réversible et coût réel
La maison est chauffée par deux climatisations réversibles : une pour le rez-de-chaussée (70 m²) et une pour l'étage (50 m²). Sur l'hiver, cela représente environ 2 000 kWh, soit une facture théorique d'environ 400 € si tout était acheté au tarif réseau.
Avec la production solaire, le coût réel tombe plutôt entre 250 et 300 € par hiver pour 120 m². Passer au bois ou aux pellets ne serait pas plus économique dans mon cas, donc je conserve la pompe à chaleur.
Électronique : onduleurs WKS et inverseur de source
Je fonctionne avec deux onduleurs WKS 5000 W. Un seul alimente la maison en 230 V. Lorsque le pic de puissance dépasse 2500 W, un relais automatique déclenche le deuxième onduleur pour fournir la puissance supplémentaire. Cette logique, simple et robuste, est gérée par un inverseur de source maison monté avec deux contacteurs Schneider.
Résultat : les onduleurs tiennent depuis 5 ans sans signe de faiblesse, en grande partie parce que je les préserve en alternant lequel est actif tous les 6 mois. Protéger l'électronique prolonge la durée de vie.
Batteries : LTO vs lithium fer phosphate (LFP)
Mon parc de stockage comprend :
- Quatre batteries LTO (lithium titanate) : environ 12 kWh utilisable au total. Avantages : sécurité et robustesse. Inconvénients : faible densité énergétique et coût élevé au kWh.
- Deux batteries LFP (lithium fer phosphate) : environ 30–32 kWh au total. Bon compromis coût/densité.
Si je devais racheter aujourd'hui, je repartirais sur du LFP : les kits 16 kWh se trouvent désormais pour moins de 100 € / kWh complet, soit environ 1 500 € pour un kit bien conçu (cellules recommandées comme les EVE MB31). Pour le prix de mes quatre LTO, je pourrais avoir trois batteries LFP.
Régulateurs MPPT : l'importance d'un bon algorithme
La qualité du régulateur MPPT a un impact direct sur la production, surtout par temps changeant. Remplacer un régulateur low cost par un modèle de qualité change vraiment la donne.
Exemples observés :
- Un petit MPPT Ismart 3 a nettement amélioré la production par rapport à un ESSART 3.
- Un Victron 250 installé sur le dernier plan de 2160 Wc se comporte très bien, particulièrement lors des passages nuageux : l'algorithme récupère l'énergie efficacement là où un régulateur bas de gamme reste à la traîne.
Conclusion : installer un régulateur MPPT de qualité (Victron ou équivalent) par plan photovoltaïque est préférable à se reposer uniquement sur la régulation intégrée des onduleurs hybrides.
Dimensionnement des panneaux : rendement marginal et confort
Mon système de 8400 Wc m'offre beaucoup de souplesse, mais il n'est pas forcément optimal en termes de retour sur investissement. Observations clés :
- Les premiers kilowatts-crête installés sont les plus rentables. Pour la majorité des maisons, 3 à 4 kWc suffisent pour maximiser l'autoconsommation et l'indépendance.
- Au-delà de 3–4 kWc, on gagne surtout du confort (capacité à lancer des appareils puissants en été, marge en période grise) plutôt que de l'efficacité économique.
Les premiers kilowatts-crête de panneau installés sont les plus rentables.
Dans mon cas, être passé à 8400 Wc m'a donné plus d'indépendance en hiver, mais n'a pas transformé fondamentalement mon autonomie : le gain est marginal et coûteux si l'on achète tous les panneaux.
Autonomie réelle et gestion du SOC
Pendant l'été, les batteries atteignent 99–100 % tous les jours. J'ai parfois volontairement coupé des plans photovoltaïques pour laisser descendre un peu le SOC et éviter de rester constamment entre 80 et 100 %.
En pratique, pour une consommation moyenne de 10 kWh/jour, mes 8400 Wc rechargent largement les batteries dès qu'il y a du soleil.
Production vs besoin sur l'année
Sur l'année, la production couvre très largement les besoins de mars à octobre. La difficulté reste l'hiver, lorsque la demande augmente (chauffage) et la production diminue. Passer de ~6000 Wc à 8400 Wc n'a pas beaucoup augmenté mon indépendance énergétique : je suis aujourd'hui à environ 75 % d'indépendance.
Que conseiller pour concevoir son installation ?
Voici les recommandations pratiques à retenir :
- Dimensionner intelligemment : commencez par 3–4 kWc pour couvrir la majorité des besoins et maximiser la rentabilité.
- Prioriser la qualité des régulateurs MPPT : un bon MPPT (Victron, par exemple) améliore la production, surtout en conditions changeantes.
- Choisir LFP pour le stockage si l'on veut un bon compromis coût/densité; LTO reste excellent pour la sécurité et la longévité, mais plus cher et volumineux.
- Protéger et alternater l’électronique : préserver la durée de vie des onduleurs en évitant de les solliciter en permanence.
- Penser confort avant d’empiler les panneaux : au-delà d’un certain seuil, les panneaux apportent davantage de confort que d’économies.
Plan d'action pour l'avenir
Ne pouvant plus ajouter de panneaux sur mon toit, mon objectif est d'optimiser ce que j'ai : remplacer la régulation intégrée des onduleurs par des MPPT de meilleure qualité pour extraire plus d'énergie de la même surface de panneaux.
Comparatifs entre régulateurs low cost et Victron seront utiles pour montrer l'impact concret sur la production.
En résumé
- 3–4 kWc de panneaux bien gérés suffisent souvent pour maximiser l'autoconsommation.
- Investir dans de bons régulateurs MPPT est souvent plus rentable que d'ajouter de la surface PV.
- Pour le stockage, LFP offre aujourd'hui le meilleur rapport coût / capacité pour la plupart des installations résidentielles.
- Protéger et alterner ses équipements prolonge leur durée de vie.
Ces choix permettent d'allier sécurité, confort et rendement sans surdimensionner inutilement l'installation.