Après 365 jours d'utilisation intensive sur un chantier hors réseau, la FOSSiBOT F2400 n'est ni un gadget ni un miracle. C'est une station solaire compacte, puissante et étonnamment robuste pour son prix. Ici je détaille ce que j'ai pu faire avec, comment elle fonctionne au quotidien, ses limites réelles et des conseils pratiques si vous envisagez d'en prendre une.
Ce qu'elle permet de faire sur le terrain
La F2400 m'a servi à retaper une petite maison de A à Z, sans branchement au réseau : bétonnière, meuleuses, perceuses, scies circulaires, rabots, ponceuses... même un poste à souder a fonctionné sans souci. En pratique, elle délivre une puissance instantanée suffisante pour de gros outils et, dans la majorité des cas, tient la charge.
- Puissance onduleur : jusqu'à 2400 W en crête (utile pour démarrages d'outils lourds).
- Capacité : 2 kWh utile (2 kW pendant 1 heure, 1 kW pendant 2 heures).
- Robustesse : 22 kg de batterie lithium, a encaissé une chute d'environ 40 cm sans dommage visible.
Fonctionnement et prises pratiques
La partie électronique est pensée pour l'usage chantier et nomade : un écran clair qui affiche en temps réel les watts entrants/sortants et le temps restant avant charge complète ou décharge complète. C'est un vrai plus pour planifier une journée de travail.
Sorties et entrées notables :
- 3 prises 230 V pour l'alimentation d'outils et d'appareils.
- USB-C jusqu'à 100 W pour laptop et charge rapide.
- 12 V : allume-cigare et connecteurs XT60/XT90 pour charges véhicules ou accessoires.
- Entrée solaire MPPT performante mais limitée (voir section limites).
- Recharge secteur réglable entre ~300 W et 1100 W via une molette pour adapter la vitesse à un groupe électrogène ou à un chargeur.
Test concret : une bouilloire à 1500 W a montré que l'onduleur gère bien de grosses charges continues. L'écran indiquait 2400 W au total lorsque deux appareils tirent fortement, et le compteur estime le temps restant de façon fiable.
Les limites importantes à connaître
1) Limitation de l'entrée solaire
Le port solaire accepte 11–50 V et 500 W max. Concrètement, avec des panneaux de 250 W anciens, on ne peut en connecter que deux en parallèle pour rester dans la zone d'entrée. En été et par temps clair, c'est souvent suffisant ; en hiver, par temps couvert ou avec brouillard, deux panneaux ne suffisent pas pour recharger correctement la batterie.
J'ai même constaté un échauffement lorsque j'ai tenté de connecter les quatre panneaux pendant un éclairci : fumée et arrêt immédiat. Conclusion : ne dépassez pas la spécification d'entrée, ou prévoyez une solution pour répartir ou réguler la puissance.
2) Consommation de l'onduleur en veille
Même quand aucun appareil n'est branché, l'onduleur consomme. Une expérience simple : allumer l'onduleur à 90 % de charge, laisser la station sans utilisation pendant 24 heures et revenir la trouver à 62 %. Autrement dit, environ 25 W en consommation continue (≈30 % de 2 kWh sur 24 h). Si vous pensez laisser la station en permanence en mode 230 V, prévoyez cette perte.
3) Batterie non modulaire
La station n'est pas prévue pour être ouverte ou étendue facilement. Le pack lithium est scellé : impossible d'ajouter des cellules soi‑même sans découper l'appareil. Pour augmenter la capacité, il faut soit acheter une version plus grosse du fabricant, soit envisager des solutions externes plus complexes.
4) Recharge par générateur
Avec un petit générateur de 720 W, la recharge n'était pas efficace : la station affichait un temps de charge irréaliste (80 heures). Mieux vaut un générateur plus puissant et stable, ou utiliser la charge secteur réglable pour limiter l'ampérage et préserver le groupe. La molette permet de régler la puissance de charge (par ex. 500 W) si l'on veut éviter de surdimensionner la source.
Conseils pratiques pour l'utilisation
- Coupures d'inverter la nuit : éteindre l'onduleur quand on n'a pas besoin de 230 V permet d'économiser la batterie (évite les 25 W de consommation permanente).
- Planifier les journées fortes : faites les travaux énergivores en journée quand les panneaux peuvent fournir un peu d'appoint.
- Chargement en voiture : via la prise 12 V/XT90 on peut tirer ~100 W (utile pour recharger légèrement en trajet), mais évitez d'épuiser la batterie du véhicule moteur arrêté.
- Utiliser la fonction de réglage AC si vous branchez un groupe électrogène. Réglez la puissance de charge pour éviter de surmener le générateur.
- Respecter les limites d'entrée : ne pas connecter plus de panneaux que la limite indiquée sans interface de régulation dédiée.
Rapport qualité/prix et pour qui c'est adapté
Au prix observé (environ 700 € au moment du test), la F2400 offre un rapport prix/puissance instantanée et prix/capacité très intéressant : 2 kWh et 2400 W d'onduleur pour un budget raisonnable. Pour les bricoleurs, artisans ou propriétaires de petites maisons hors réseau qui ont besoin d'un gros coup de puissance ponctuel, c'est une solution très pertinente.
Limites à garder en tête : si vous voulez une autonomie solaire hivernale prolongée ou une recharge solaire rapide avec plusieurs kilowatts d'entrée, il faudra compléter la station avec un système d'entrée plus puissant ou des batteries externes adaptées.
Améliorations possibles et expérimentations en cours
Il est possible d'augmenter l'apport solaire et la puissance effective en ajoutant des interfaces de gestion et des convertisseurs, sans griller l'appareil. J'ai identifié des méthodes pour brancher plus de panneaux et pour booster la puissance disponible localement. Ces approches demandent de la prudence et un peu d'électronique, mais elles montrent que la F2400 peut être la base d'un système plus ambitieux.
Conclusion rapide
La FOSSiBOT F2400 est une station solaire compacte, lourde mais robuste, qui tient la charge pour des chantiers intensifs et des usages nomades. Ses points forts : puissance instantanée élevée, écran informatif et bon rapport qualité/prix. Ses limites : entrée solaire limitée à 500 W, consommation de l'onduleur en veille et batterie scellée. Pour qui cherche une solution prête à l'emploi pour des travaux hors réseau, c'est une excellente option. Pour une autonomie durable en hiver ou une capacité extensible, il faudra envisager des compléments.
Si l'objectif est d'avoir beaucoup de puissance ponctuelle et une capacité raisonnable pour des journées de travail déconnecté, la F2400 se défend très bien. Pour une autonomie 100 % solaire toute l'année, il faudra pousser le système plus loin.