Kit batterie LFP de 18 kWh Hakadi Battery LF334 : montage complet, points forts et limites

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Ce kit Hakadi Battery permet de fabriquer une batterie LFP en 16S, donc en 51,2 V, avec une approche très simple sur le principe : tout est fourni pour le boîtier, l’électronique, les connexions et l’intégration du BMS. Il ne reste qu’à ajouter les cellules.

Ici, l’idée est d’y intégrer des cellules EVE LF334. Avec 16 cellules de cette génération, on arrive sur une batterie qui frôle les 18 kWh de stockage. C’est une capacité déjà très sérieuse pour une installation photovoltaïque, en particulier pour du stockage résidentiel.

Cellule bleue EVE LF334 posée au sol avec texte sur la capacité

Le concept est intéressant pour une raison toute simple : contrairement à un boîtier prémonté, ici tout arrive démonté dans le carton. Ça demande un peu plus de temps, mais ça réduit aussi les risques de dégâts au transport et ça permet de faire un montage propre, étape par étape.

Ce que contient le kit Hakadi Battery

Le contenu est vraiment complet. On retrouve :

  • toutes les tôles du boîtier métallique,
  • la JK BMS 200 A,
  • la visserie,
  • les gros plots de connexion en 400 A,
  • le sectionneur de batterie,
  • les plaques isolantes en époxy,
  • les mousses EVA,
  • les deux PCB de connexion et de contrôle des cellules,
  • les roulettes,
  • la façade avec l’écran et les ports de communication.

Sur ce point, il n’y a pas grand-chose à redire. On est bien sur un vrai kit complet.

Pièces du kit batterie étalées au sol avec tôles, cartons, plaques isolantes et cartes PCB

Premier bémol : pas de notice de montage

Le principal reproche concerne l’absence de plan ou de manuel de montage. Quand on a déjà un peu l’habitude de bricoler, ce n’est pas bloquant. L’ensemble reste assez logique.

En revanche, certaines pièces doivent être installées dans le bon ordre. Si on s’en rend compte trop tard, il faut redémonter pour les repositionner. Ce n’est pas dramatique, mais ça fait perdre du temps.

Si Hakadi ajoutait une notice claire, même simple, le kit gagnerait tout de suite en confort.

Assemblage du boîtier : une logique simple, mais mieux vaut anticiper

Le montage commence par la base du caisson et les roulettes. Le boîtier est prévu comme un format vertical, avec de grosses roulettes pour pouvoir le déplacer plus facilement.

Gros plans sur les roulettes montées sous la base du boîtier métallique blanc

Ensuite viennent les panneaux latéraux, le fond et la façade technique. C’est là qu’il faut être attentif aux détails.

Sur la plaque de façade, on retrouve :

  • les ports RJ45 et RS232,
  • les deux bornes de puissance,
  • le sectionneur au milieu.

Le sens des polarités est important : le pôle positif est à gauche et le négatif à droite. Il faut aussi penser à raccorder les petits câbles avant de fixer définitivement le sectionneur, sinon l’accès devient beaucoup moins pratique.

Face arrière de la plaque technique avec ports RJ45, interrupteur et connecteurs de puissance

Autre détail utile : sur certains câbles fournis, la gaine thermo déborde légèrement sur les cosses. Mieux vaut la recouper un peu pour garantir un contact franc. C’est un petit ajustement, mais sur une batterie, ce genre de détail compte.

Installation de la JK BMS et du câblage interne

Une fois la partie haute du boîtier en place, on peut installer la JK BMS et brancher les différents éléments de contrôle.

On relie :

  • la nappe de commande,
  • le câble de l’écran,
  • le petit fil d’alimentation qui devra aller au plus général du pack,
  • les liaisons qui iront plus tard vers les PCB des cellules.
Intérieur du haut du boîtier avec BMS, carte de contrôle, câbles rouges et connecteurs multicolores

Le montage n’est pas compliqué, mais il faut être méthodique. Le genre de chose à faire tranquillement, en vérifiant chaque connecteur au fur et à mesure.

Isolation interne et positionnement des cellules

Avant d’insérer les cellules, le caisson doit être isolé avec les plaques époxy. Elles évitent qu’une cellule soit en contact avec la tôle.

Le montage retenu ici est classique :

  • plaque époxy contre le caisson,
  • mousse EVA,
  • cellule,
  • plaque époxy,
  • mousse EVA,
  • et ainsi de suite jusqu’en haut.
Intérieur du boîtier recouvert de plaques isolantes jaunes prêt à recevoir les cellules

Les cellules sont ensuite empilées et comprimées. La mousse se tasse progressivement au serrage de la plaque de compression, sans qu’il soit nécessaire de forcer exagérément.

Seize cellules LFP montées dans le boîtier avec bornes visibles en façade

Une précision importante concernant ce format de boîtier : même s’il est présenté comme vertical, une fois assemblé il faut respecter les recommandations du fabricant des cellules. Pour les EVE, le positionnement totalement à plat n’est pas autorisé. La position sur le flanc peut être tolérée hors vibrations, mais elle n’est pas idéale pour la durée de vie. C’est donc un point à bien garder en tête avant l’intégration définitive dans une installation.

Vérifier les cellules avant le câblage final

Avant de relier toutes les cellules entre elles, il est préférable de mesurer leur tension une par une. Normalement, sur un lot cohérent, elles doivent être très proches.

Ici, on est autour de 3,24 à 3,25 V par cellule, ce qui correspond grosso modo à environ 40 % de charge. C’est cohérent.

Cette vérification est toute simple, mais elle peut éviter une grosse perte de temps. Si une cellule a un problème, il vaut mieux le découvrir avant d’avoir tout câblé et compressé.

Pince ampèremétrique et pointes de mesure au pied du pack de cellules monté

Busbars, sondes de température et connexions de contrôle

Après contrôle des tensions, on peut installer les busbars et les liaisons de mesure du BMS.

Le kit a un point appréciable : les sondes de température sont déjà montées sur cosses. Il suffit donc de les fixer sur les busbars, ce qui donne une installation propre et un bon contact thermique.

Main tenant une cosse de sonde de température devant les cellules et les plaques bleues de maintien

Le cheminement se fait du moins général jusqu’au plus général du pack. Là encore, l’ordre compte. Mieux vaut prendre son temps et suivre une progression propre, cellule par cellule.

Une fois toutes les connexions réalisées, il faut mesurer la tension totale du pack. On obtient ici pratiquement 52 V, ce qui confirme que l’assemblage est cohérent.

Couple de serrage : inutile d’écraser les bornes

Le serrage des écrous sur les cellules n’a pas besoin d’être excessif. Un serrage à 5 Nm suffit. D’ailleurs, sur des cellules LFP de ce type, on reste en dessous de 6 Nm maximum.

Pack de cellules en façade pendant le serrage avec texte indiquant serrage 5 Nm

C’est un point important parce qu’on voit souvent des serrages trop forts sur ce genre de montage. Le résultat, ce n’est pas un meilleur contact. C’est surtout le risque d’abîmer les bornes.

Petit oubli qui bloque tout : le fil de l’interrupteur

Le petit fil de commande de l’interrupteur doit être connecté, sinon la batterie ne démarre pas. C’est le genre de détail qu’on préfère brancher assez tôt, parce qu’une fois tout refermé, l’accès est nettement moins agréable.

Ensuite, il reste à raccorder les câbles de contrôle à la JK BMS, fixer l’écran en façade et finaliser la fermeture du boîtier.

Mise sous tension et écran de contrôle

Une fois l’ensemble allumé, l’écran affiche immédiatement les informations utiles au quotidien. Premier réflexe conseillé : passer l’interface en anglais, sinon certains libellés ne sont pas très clairs.

Sur l’écran principal, on retrouve :

  • la tension globale du pack,
  • les tensions mini et maxi des cellules,
  • la température du pack,
  • la puissance de charge ou de décharge,
  • le courant instantané,
  • la capacité restante en Ah,
  • la capacité totale configurée,
  • l’état de la charge et de la décharge.
Écran de la batterie affichant tension, pourcentage, courant et informations du pack

Le SOC affiché au premier démarrage n’est pas fiable. C’est normal. Tant que le BMS n’a pas été correctement configuré et que la batterie n’a pas fait une charge complète jusqu’à coupure BMS, l’estimation du pourcentage reste approximative.

Autre chose à corriger ici : la capacité totale était réglée à 200 Ah d’origine. Avec des LF334, il faut bien sûr adapter ce paramètre à la réalité du pack.

Écran affichant le détail des tensions cellule par cellule sur la batterie

L’écran permet aussi d’accéder à la configuration de communication, notamment pour choisir le protocole destiné à l’onduleur en RS485 ou en CAN. Un onglet alarme est également présent, ce qui est une bonne évolution sur cette génération de JK BMS.

Connectique arrière : bien distinguer chaque port

À l’arrière du boîtier, on trouve toute la connectique utile à l’intégration :

  • deux gros plots de puissance en 400 A,
  • un bouton de reset,
  • des jumpers pour adresser plusieurs batteries,
  • des relais configurables,
  • un port RS485,
  • un port CAN,
  • un port RS232,
  • deux ports de communication entre batteries,
  • le sectionneur,
  • la borne de terre du boîtier.
Panneau arrière du boîtier avec ports RJ45, interrupteur, micro-switch et connecteur noir

Le point à ne pas confondre, c’est la différence entre :

  • le port RS485 ou CAN destiné à l’onduleur,
  • et les ports RJ45 réservés à la communication entre batteries en parallèle.

Si plusieurs packs sont installés, ils se relient entre eux via ces ports dédiés, avec un simple câble RJ45.

Le RS232 vers PC existe aussi, mais dans la pratique, l’application Bluetooth de la JK BMS suffit souvent largement pour la configuration.

Sectionneur, protection et mise à la terre

Le sectionneur intégré n’est pas un disjoncteur. Il sert à isoler la batterie pour travailler ou intervenir sans tout débrancher.

En externe, il faut malgré tout prévoir une vraie protection, typiquement un disjoncteur bipolaire adapté à l’installation.

La connexion de terre du boîtier, elle, n’est pas optionnelle. Sur une batterie de stockage en caisson métallique, la mise à la terre est obligatoire.

Ce que permet réellement ce pack avec des EVE LF334

Les cellules EVE LF334 sont très intéressantes. Elles appartiennent à une génération capable d’encaisser des courants de décharge très élevés, jusqu’à 3C en pointe.

Évidemment, ce kit ne permet pas d’exploiter une telle valeur, pour une raison simple :

  • la JK BMS est une 200 A,
  • le câblage interne est en 35 mm².
Carte BMS avec texte indiquant cable 35mm2

La vraie limite du système vient donc du kit lui-même, pas des cellules.

Mais même avec cette limite, 200 A sous environ 51,2 V, ça représente plus de 10 kW. Pour une seule batterie, c’est déjà énorme. Et à ce niveau de courant, on reste encore bien en dessous de ce que ces cellules peuvent accepter.

Un point fort souvent oublié : le transport

Un boîtier livré en kit peut sembler moins pratique au premier abord. Pourtant, sur ce type de produit, c’est aussi un avantage.

Quand tout arrive démonté :

  • les tôles sont mieux protégées,
  • il y a moins de risque d’enfoncement,
  • rien ne travaille dans le carton pendant le transport,
  • et on évite de devoir redémonter un boîtier prémonté pour vérifier ce qui a été fait.

Pour quelqu’un qui aime faire son montage proprement, c’est même plutôt un bon choix.

Bilan sur ce kit DIY Hakadi Battery

Au final, le kit est convaincant.

Ses vrais points forts sont clairs :

  • un kit très complet,
  • une intégration propre avec JK BMS, écran et communications,
  • de gros plots de sortie en 400 A,
  • un format adapté à une batterie résidentielle sérieuse,
  • un risque réduit au transport grâce au conditionnement démonté,
  • un tarif particulièrement compétitif pour un ensemble aussi complet.

Le principal défaut reste l’absence de notice. Ce n’est pas bloquant pour un bricoleur, mais c’est clairement le point à améliorer.

Pour celles et ceux qui veulent regarder le matériel de plus près, on peut consulter le site Hakadi Battery, voir les cellules EVE LF334 ou le boîtier batterie en kit.

Si l’objectif est de monter soi-même une batterie LFP 51,2 V propre, puissante et bien intégrée pour une installation solaire, cette base est franchement intéressante. À condition d’accepter une chose : il faut mettre un peu les mains dedans.

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