Ce panneau chauffe ma maison et renouvelle l’air pour 5 € par an. Vraiment ?

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Quand on parle solaire dans la maison, on pense presque toujours à l’électricité ou à l’eau chaude. Beaucoup moins à l’air. Et pourtant, il y a une idée toute simple derrière les panneaux aérothermiques : le soleil chauffe de l’air, et cet air chaud est ensuite insufflé dans la maison.

C’est exactement le principe de la solution développée par Neo Sol’air, une PME près de Toulouse. Le système promet trois choses à la fois : chauffer en hiver, renouveler l’air intérieur et rafraîchir quand l’air extérieur devient plus frais que l’air de la maison.

Sur le papier, c’est séduisant. En pratique, il fallait comprendre comment ça marche, à qui ça s’adresse vraiment, ce que ça consomme, ce que ça rapporte, et aussi où sont les limites. J’ai donc regardé le sujet de près, avec une installation test à la maison et un passage dans leurs ateliers de fabrication.

Le principe d’un panneau solaire aérothermique

Le fonctionnement est plus simple qu’on ne l’imagine.

Le panneau s’installe en façade, en toiture, ou même au sol sur châssis. Il capte le rayonnement solaire, ou plus largement la luminosité, et chauffe l’air qui circule à l’intérieur.

Concrètement :

  • l’air entre par le bas du panneau, à travers un filtre,
  • il traverse le collecteur et ses chicanes qui récupèrent la chaleur,
  • il ressort plus chaud par le haut,
  • un système de ventilation amène ensuite cet air dans le logement.

Le débit n’est pas fixe. Il varie selon plusieurs paramètres, notamment la température et l’hygrométrie dans le panneau et dans l’habitation. L’objectif est d’envoyer de l’air utile, au bon moment, et de manière cohérente avec les besoins de la maison.

Détail d’une ouverture circulaire sur le panneau aérothermique

L’idée n’est donc pas seulement de “faire un peu de chaud quand il y a du soleil”. Le système est pensé comme un outil de chauffage d’appoint solaire et de ventilation pilotée.

Ce que ça apporte réellement dans une maison

Le premier bénéfice, évidemment, c’est la réduction du besoin de chauffage. Quand le panneau produit de l’air chaud, c’est autant de chaleur qu’on ne demande pas à un autre système de produire.

Mais réduire le sujet à une simple économie de chauffage serait un peu passer à côté du reste.

Dans les faits, la solution agit sur plusieurs points :

  • apport de chaleur gratuite quand l’ensoleillement le permet,
  • renouvellement d’air régulier,
  • gestion de l’humidité,
  • amélioration du confort d’été en insufflant de l’air plus frais lorsque les conditions extérieures sont favorables.

Sur le plan purement économique, la rentabilité annoncée tourne autour de 7 à 10 ans selon les cas :

  • plutôt autour de 10 ans avec pose par un installateur,
  • plutôt autour de 7 ans si l’on installe soi-même.

Cette estimation reste une moyenne. Elle dépend forcément de l’orientation, du climat, de la maison, du niveau d’isolation, du système de chauffage existant et du coût de pose.

Mais ce qui est intéressant, c’est qu’une fois installé, le panneau lui-même n’a pas de mécanique embarquée, pas d’électronique et pas de pièce en mouvement. En gros, la partie exposée au soleil est très simple. C’est un vrai point fort en matière de durabilité.

Le vrai sujet trop peu discuté : la qualité de l’air intérieur

On parle souvent de chauffage, d’isolation, de DPE, de coût du kilowattheure. On parle beaucoup moins de ce qu’on respire chez soi.

Et pourtant, c’est un sujet énorme.

Dès qu’une maison est peu aérée, le CO2 monte vite. Et avec lui, l’inconfort. Sans forcément arriver à des situations extrêmes, on sent rapidement qu’un air mal renouvelé n’a rien à voir avec un air sain.

À cela s’ajoute l’humidité que l’on produit naturellement en vivant dans un logement : respiration, douche, cuisine, lessive, séchage, présence humaine tout simplement.

Il y a aussi les COV, les composés organiques volatils, issus notamment :

  • des colles dans certains meubles en bois reconstitué,
  • des revêtements de sol,
  • des peintures,
  • des colles de pose,
  • de divers matériaux d’aménagement intérieur.

On oublie souvent que l’air intérieur peut être plus pollué que l’air extérieur. Pas parce que dehors tout serait parfait, mais parce qu’à l’intérieur on accumule beaucoup de choses dans un volume fermé, souvent insuffisamment ventilé.

Présentation d’un panneau aérothermique en atelier par un représentant Neo Sol’air

Dans ce contexte, un système qui apporte de la chaleur tout en assurant un renouvellement d’air régulier devient bien plus intéressant qu’un simple appoint thermique.

Façade, toiture, sol : où installer les panneaux ?

Le panneau peut être posé dans plusieurs configurations, mais le choix n’est pas anodin.

Installation en façade

La façade est particulièrement intéressante en plein hiver. Pourquoi ? Parce que le soleil est bas. Une façade bien orientée récupère alors plus efficacement les apports solaires à la saison où l’on a justement besoin de chauffer.

Installation en toiture

La toiture peut être plus favorable en intersaison. Selon l’inclinaison et l’exposition, elle capte davantage de chaleur quand le soleil remonte.

Installation au sol

Pour aller chercher l’angle optimal, il existe aussi des châssis au sol. L’inclinaison idéale évoquée ici est d’environ 60°.

Évidemment, le meilleur choix dépend aussi de la maison :

  • certaines configurations se prêtent bien à une façade,
  • d’autres imposent une pose en toiture,
  • et parfois ce n’est tout simplement pas pertinent.

Détails du banc de test pour panneau solaire aérothermique en atelier

Il faut également tenir compte des contraintes réglementaires, notamment dans les secteurs protégés ou soumis à l’avis des Bâtiments de France.

Une fabrication française, et une logique de produit simple

Ce qui m’a plu dans cette approche, c’est aussi le fait qu’on est sur une petite structure industrielle française, pas sur un objet sorti d’un catalogue anonyme.

L’entreprise conçoit et fabrique ses systèmes près de Toulouse. Ils sont quatre aujourd’hui, avec une répartition assez classique mais saine : commerce, informatique, communication, fabrication et développement produit.

Leur parti pris technique est clair : faire un panneau simple, robuste et durable. Dans le collecteur lui-même, il n’y a ni électronique, ni mécanique complexe. Cela limite les risques de panne et favorise la longévité.

Le produit est garanti 10 ans, et la logique de conception laisse penser à une durée de vie bien plus longue, puisque le panneau s’apparente finalement à un élément passif très résistant.

Résistance, certification et sérieux industriel

Dès qu’on parle solaire, il faut se méfier des promesses floues. Le marché a vu passer pas mal de produits plus ou moins convaincants, plus ou moins bien documentés.

Ici, l’entreprise s’appuie sur une certification Solar Keymark, qui est la certification européenne du solaire thermique.

Cette certification couvre plusieurs volets :

  • la résistance du panneau à la grêle, à la pluie, aux chocs thermiques,
  • la tenue dans le temps, avec essais sur plusieurs mois,
  • la performance mesurée par un laboratoire indépendant,
  • l’audit qualité de fabrication, avec contrôle des process, des lots et des fournisseurs.

Présentation en atelier du système Neo Sol’air pour chauffer et renouveler l’air

Le point intéressant, c’est que l’audit ne se limite pas à tester un prototype. Il vérifie aussi que ce qui sort réellement de l’atelier correspond bien à ce qui a été certifié.

Et comme ces audits reviennent chaque année, on n’est pas sur une validation “one shot” faite pour la vitrine.

Autre conséquence pratique : avec cette certification, les installateurs peuvent appliquer une TVA à 5,5 %, ce qui améliore un peu l’équation économique.

Est-ce que ça consomme beaucoup d’électricité ?

C’est un point important parce qu’on pourrait croire qu’un système avec ventilation va manger une partie de son intérêt dans sa consommation électrique.

En réalité, la partie ventilation reste très sobre.

À pleine puissance, la consommation annoncée se situe autour de 20 à 30 watts. Rapporté à l’année, cela représente environ 5 € d’électricité pour faire fonctionner la solution, en chauffage comme en rafraîchissement.

Oui, il faut bien un peu d’énergie pour faire tourner le ventilateur et piloter l’ensemble. Mais à ce niveau-là, on reste sur quelque chose de très raisonnable.

Et pour des maisons isolées ou autonomes, il existe aussi une alimentation sur panneau photovoltaïque, afin d’avoir un système encore plus indépendant.

Peut-on aussi rafraîchir la maison l’été ?

Oui, mais il faut bien comprendre ce que cela veut dire.

On n’est pas sur une climatisation. Le système ne produit pas du froid. En revanche, quand l’air extérieur devient plus frais que l’air intérieur, il peut insuffler cet air plus frais dans la maison.

L’intérêt est surtout de préserver l’inertie fraîche du bâtiment. L’idée n’est pas d’attendre le pic de canicule pour agir, mais au contraire de faire fonctionner le mode été assez tôt et assez régulièrement pour garder la maison la plus fraîche possible.

En pratique :

  • dès qu’on n’a plus besoin de chauffer, on peut passer en mode été,
  • le système injecte l’air extérieur quand il est plus favorable,
  • la température intérieure grimpe moins vite lors des grosses chaleurs.

Explication du mode été et du rafraîchissement par air plus frais avec Neo Sol’air

Dans les zones d’altitude, ou dans les endroits où les nuits restent fraîches, c’est particulièrement intéressant.

Le pilotage intelligent : sondes, application et modes de fonctionnement

Le panneau en lui-même est volontairement low-tech. En revanche, le pilotage du système est plus sophistiqué.

Plusieurs capteurs sont utilisés pour prendre les bonnes décisions :

  • une mesure dans le collecteur,
  • une mesure à l’intérieur du logement,
  • une mesure à l’extérieur,
  • avec prise en compte de la température et de l’hygrométrie.

Le but est de laisser l’outil décider intelligemment quand souffler, à quelle vitesse, et dans quel mode.

Le système peut être piloté par application et via internet. On peut notamment gérer les consignes de température et les différents modes de fonctionnement. L’approche recherchée est claire : éviter les réglages compliqués et éviter aussi de tirer des fils partout dans la maison.

Technicien Neo Sol’air présentant le pilotage du système face caméra avec le boîtier de ventilation

Il existe également un module complémentaire pour certains systèmes gainables, avec résistance électrique d’appoint de 1200 W. L’intérêt est ponctuel :

  • maintenir un hors-gel strict,
  • apporter un complément de chaleur à un instant donné,
  • sécuriser certains usages dans une pièce précise.

Le point sensible : le bruit de ventilation

Autant le dire franchement, c’est le sujet qui revient le plus souvent quand on parle d’un système d’insufflation d’air.

Le bruit existe. Il n’est pas énorme, mais il existe. Et selon l’endroit où le boîtier est installé, cela peut compter.

Deux configurations sont proposées :

  • en gainable, avec un peu plus de longueur de gaine et un ventilateur plus poussé pour compenser les pertes de charge,
  • en applique, avec moins de puissance nécessaire et donc généralement moins de décibels.

Pourquoi ne pas utiliser simplement un ventilateur ultra-silencieux comme dans un ordinateur ? La réponse technique est assez logique : un ventilateur de PC brasse de l’air librement dans un boîtier, mais ne sait pas fournir la pression nécessaire pour traverser un filtre, un panneau et souffler dans l’habitation.

Autrement dit, un ventilateur peut être silencieux parce qu’il ne force pas. Ici, il faut vaincre des pertes de charge. Ce n’est pas le même métier.

Boîtier de ventilation avec ventilateur pour insufflation d’air vu en atelier

L’entreprise travaille justement sur ce point avec de nouveaux boîtiers plus gros, pensés pour faire tourner le ventilateur moins vite et réduire encore le bruit.

Mon ressenti après installation est assez simple : dans une pièce où l’on cherche un silence absolu pour se concentrer, c’est encore un paramètre à prendre en compte. En revanche, dans beaucoup d’usages domestiques, cela reste parfaitement acceptable. Comme toujours, la sensibilité au bruit varie d’une personne à l’autre.

Installation : simple ou pas simple ?

Le produit peut être installé par un professionnel, mais il est aussi pensé pour rester relativement accessible à l’auto-installation.

Le gros morceau, ce n’est pas tant le panneau que le perçage du mur pour faire passer l’air. C’est là que se concentre la partie la plus technique ou la plus engageante du chantier.

Pour le reste, la logique d’ensemble reste assez lisible :

  • fixation du panneau,
  • traversée de paroi,
  • pose du boîtier intérieur,
  • raccordement électrique,
  • mise en service et paramétrage.

Installateur en train de réaliser une intervention sur un mur intérieur lors de la pose du système aérothermique

L’un des intérêts de la solution, c’est aussi sa capacité à s’adapter à beaucoup de configurations de bâtiments, tant qu’on a une bonne exposition. Résidence principale, résidence secondaire, logement en altitude, maison en plaine, installation en métropole ou même en climat plus rude comme à La Réunion, le système a déjà été confronté à des contextes variés, y compris à forte humidité et aux contraintes de cyclone.

Pour qui est-ce vraiment pertinent ?

Au départ, le produit avait été pensé surtout pour les maisons secondaires peu ou pas chauffées.

C’est assez logique : quand une maison reste fermée plusieurs semaines, les problèmes sont souvent les mêmes :

  • humidité,
  • air stagnant,
  • odeur de renfermé,
  • risque de gel,
  • confort médiocre à l’arrivée.

Dans ce cas, le panneau aérothermique coche beaucoup de cases d’un coup. Il peut apporter un peu de chaleur, maintenir une ambiance plus saine, limiter l’humidité et rendre la maison plus agréable quand on revient.

Mais aujourd’hui, l’usage s’est élargi.

Le système intéresse aussi de plus en plus :

  • les résidences principales qui cherchent à faire des économies d’énergie,
  • les maisons voulant ajouter une source de chaleur décarbonée,
  • les logements équipés d’une VMC double flux, où le panneau peut servir à préchauffer l’air entrant.

Ce dernier point est particulièrement malin. Au lieu de souffler directement dans une pièce, on peut intégrer la solution dans une logique de traitement d’air plus globale.

Premier retour après installation à la maison

Après une quinzaine de jours d’essai, le constat est intéressant.

Quand le temps est trop gris, évidemment, le système ne fait pas de miracle. Il faut du soleil, ou au moins de la luminosité exploitable. Mais quand les conditions sont là, l’effet est concret.

Le premier signal fort, c’est très simple : le chauffage classique n’avait pas encore été allumé alors que d’autres avaient déjà relancé la cheminée.

Intervenant Neo Sol’air dans la pièce d’essai devant une fenêtre et un boîtier mural

Ça ne veut pas dire qu’un panneau remplace à lui seul tout le chauffage de n’importe quelle maison. Ce n’est pas le sujet. En revanche, cela montre bien qu’il peut retarder le démarrage du chauffage principal, réduire les besoins et améliorer le confort.

Et pour une maison chauffée au bois, il y a aussi un avantage très concret et très terre-à-terre : moins de corvées de bois.

Ce que je retiens vraiment

Ce genre de solution est intéressant parce qu’elle ne promet pas un miracle technologique. Elle mise plutôt sur un assemblage cohérent de choses simples :

  • le soleil chauffe naturellement,
  • on récupère cette chaleur sur de l’air,
  • on améliore la ventilation,
  • on gère aussi l’humidité et le confort d’été,
  • et tout cela avec une consommation électrique très faible.

Les points forts sont clairs :

  • fabrication française,
  • conception simple et durable,
  • faible coût de fonctionnement,
  • gain sur la qualité de l’air intérieur,
  • intérêt réel pour les maisons secondaires comme principales.

Les points à examiner avant de se lancer le sont tout autant :

  • l’orientation du bâtiment,
  • la configuration de pose,
  • la compatibilité réglementaire,
  • et le niveau sonore acceptable selon la pièce concernée.

Si vous cherchez une solution qui fasse à la fois chauffage solaire aérothermique, renouvellement d’air et petit coup de pouce au confort d’été, c’est clairement une piste à regarder de près.

Et ce que j’aime bien ici, c’est qu’on n’est pas dans le gadget. On est dans un produit qui essaye de répondre à de vrais problèmes de maison : chauffer moins cher, respirer mieux, garder un logement sain et gagner un peu d’indépendance face aux énergies classiques.

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