Zendure batterie DIY 15S : tests techniques complets sur le SolarFlow 2400 AC+

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Cette fois, on termine la série consacrée au Zendure SolarFlow 2400 AC+ associé à une batterie DIY 15S. L’idée est simple : arrêter les suppositions et faire de vrais tests de charge et de décharge pour voir comment l’appareil se comporte avec une batterie externe maison branchée sur le port d’extension.

Au programme : inspection du câblage interne, vérification du dimensionnement électrique, test en charge réelle jusqu’à la puissance maximale, contrôle des températures, puis décharge complète de l’ensemble jusqu’à la coupure à 5 % du SOC côté Zendure.

Comme toujours, prudence absolue avec l’électricité. Ce type de manipulation peut être dangereux. Ce qui suit relève d’une démarche de test et de démonstration technique, pas d’une invitation à reproduire cela sans compétences, matériel adapté et protections sérieuses.

Ouverture du SolarFlow 2400 AC+ et premières constatations

Avant même de lancer les essais, le plus intéressant était d’ouvrir le SolarFlow 2400 AC+ pour comprendre ce qu’il y a réellement à l’intérieur. On retrouve un pack LFP en cellules pochettes, comme sur les autres batteries Zendure, avec un assemblage compressé pour limiter les gonflements.

Le pack interne est en 15S, ce qui est un point essentiel pour la suite puisque la batterie DIY externe a été préparée elle aussi en 15S afin de travailler à la même tension. On trouve également un détecteur incendie qui se déclenche au-delà de 175 °C.

SolarFlow 2400 AC+ ouvert : câbles internes et carte électronique

Ce qui m’intéressait surtout ici, ce n’était pas seulement l’architecture générale, mais le dimensionnement des câbles internes. Quand un système peut délivrer jusqu’à 2400 W sur batterie, et même 3200 W sur la prise hors réseau lorsque le réseau ajoute 800 W, il faut que l’intérieur suive sérieusement.

Section de câble : ce qu’il faut vérifier avant de brancher une batterie DIY

À l’intérieur, les câbles batterie sont des câbles silicone en 8 AWG, soit environ 8,3 mm². C’est déjà une bonne nouvelle, parce que le câble silicone supporte beaucoup mieux la température qu’un câble classique. Ici, on est sur des câbles annoncés autour de 180 à 200 °C.

Pour savoir si ce choix est cohérent, il faut revenir aux bases et calculer la section minimale théorique d’un câble selon la longueur, la puissance, la tension et la chute de tension admissible.

La formule utilisée est la suivante :

S = (ρ × 2L × P) / (ΔU max × U)

Avec :

  • S : la section du câble en mm²
  • ρ : la résistivité du conducteur
  • 2L : la longueur aller-retour
  • P : la puissance maximale à faire transiter
  • ΔU max : la chute de tension admissible
  • U : la tension d’utilisation

Les hypothèses prises pour le calcul

Pour prendre large, plusieurs hypothèses volontairement sévères ont été retenues :

  • Puissance : 3200 W, même si la batterie seule est limitée à 2400 W
  • Tension : 45 V, c’est-à-dire la tension du pack en fin de décharge
  • Longueur : 2 mètres aller-retour, alors qu’en interne on est largement en dessous
  • Résistivité : 0,027, correspondant à l’aluminium, donc une hypothèse prudente
  • Chute de tension : 2 %, valeur adaptée à des équipements sensibles

Avec ces paramètres, on arrive à une section recommandée d’environ 4,3 mm². En pratique normalisée, cela renvoie vers du 6 mm².

Or ici, Zendure a câblé en 8,3 mm² silicone. Clairement, on est large. Sur ce point, le dimensionnement interne est sérieux.

Détail du câble interne du SolarFlow 2400 AC+ : 8AWG équivalent à 8,37 mm²

La conclusion est importante pour toute tentative d’extension externe : si l’intérieur du SolarFlow est correctement dimensionné, il faut que les câbles de la batterie DIY le soient aussi. Sinon, ce ne sera pas l’appareil le problème, mais votre liaison externe.

Montage de test : SolarFlow 2400 AC+ + batterie DIY Teze Power 15 kWh

Le banc d’essai a été préparé autour du SolarFlow 2400 AC+ uniquement. Le but n’était pas de comparer avec l’Hyper 2000 ou l’ancienne génération, mais bien de valider le comportement de ce modèle précis avec une batterie DIY.

La batterie externe utilisée est une Teze Power modifiée en 15S, afin d’être compatible avec la tension du pack interne Zendure. Les deux batteries sont donc reliées en parallèle directement sur les bornes batterie.

La protection de la batterie externe est assurée par une JK BMS configurée spécialement pour ce test en 15S.

Pour imposer une décharge contrôlée, un onduleur Hoymiles avec puissance réglable sert de charge. Il permet de faire monter progressivement le système jusqu’à la puissance maximale afin d’observer :

  • le partage de courant entre batterie interne et batterie externe,
  • la stabilité de la décharge,
  • la montée en température des câbles et connecteurs,
  • la coupure de sécurité du SolarFlow.
Batterie DIY 15S en extension : câbles externes 4 mm² raccordés au châssis

Pourquoi le test des câbles externes est volontairement sévère

La liaison externe a été réalisée avec deux longueurs d’un mètre, soit 2 mètres au total. Et surtout, j’ai volontairement utilisé du 4 mm², donc légèrement en dessous de la section théorique prudente calculée plus haut.

Le but était simple : voir concrètement ce qui se passe quand on est un peu juste. Pas pour dire que c’est une bonne idée, mais au contraire pour mesurer les conséquences en température.

Premiers essais : montée en puissance et comportement du système

Une fois le SolarFlow allumé, la tension relevée côté batterie Zendure est d’environ 49,28 V. La Teze Power, légèrement plus haute en tension au départ, commence naturellement à envoyer du courant vers le système. On observe déjà environ 8 à 9 A qui transitent de la batterie externe vers le SolarFlow.

Ensuite, activation de la prise hors réseau du SolarFlow 2400 AC+ pour alimenter l’onduleur Hoymiles et forcer la décharge de l’ensemble.

Le système monte alors à environ 2250 W, puis jusqu’à 2422 W dans l’application Zendure. On est donc à la puissance maximale réellement délivrable par la batterie.

Capture écran du SolarFlow 2400 AC+ indiquant 2422 W en sortie hors réseau

Point très clair : à 2500 W, la sécurité coupe. La limite est nette. En dessous, autour de 2420 W, cela tient.

Répartition du courant entre batterie interne et batterie externe

À cette puissance :

  • la batterie Teze Power débite environ 40 A,
  • les câbles internes du SolarFlow voient passer environ 52 A.

Cela montre bien qu’une grosse partie de l’énergie vient de la batterie externe, mais que la batterie interne participe aussi. C’est logique puisque les deux packs sont en parallèle et s’équilibrent automatiquement.

Autrement dit, même si on ajoute une grosse batterie DIY, la puissance totale ne vient jamais uniquement d’elle. Le pack interne du SolarFlow contribue toujours.

Contrôle thermique : ce qui chauffe vraiment, et ce qui ne chauffe pas

Le gros intérêt d’avoir laissé le SolarFlow ouvert pendant l’essai, c’est de pouvoir mesurer précisément les températures à la caméra thermique.

À l’intérieur du SolarFlow

Au début du test à environ 2420 W :

  • les cartes électroniques tournent autour de 46 °C,
  • les câbles silicone internes sont autour de 25 °C.

Après environ une heure de décharge soutenue :

  • le courant reste proche de 52 A,
  • les câbles internes montent à environ 40 °C.
Image thermique du SolarFlow 2400 AC+ ouvert montrant ~46 °C sur les cartes électroniques et ~25 °C sur les câbles silicone internes

Franchement, pour des câbles capables d’encaisser 180 à 200 °C, 40 °C, c’est très confortable. Le câblage interne du SolarFlow 2400 AC+ est donc clairement à l’aise à sa puissance nominale.

Sur la liaison externe en 4 mm²

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Du côté du connecteur de la batterie externe :

  • les câbles montent autour de 46 °C,
  • les pinces croco atteignent aussi une quarantaine de degrés.

On sent bien à la main que c’est chaud, sans être brûlant. Cela confirme déjà que le 4 mm² est un peu juste dans cette configuration.

Et lorsque la décharge se prolonge, avec une grosse part de la puissance fournie par la batterie externe, l’écart devient encore plus visible.

Image thermographique de la liaison externe sur SolarFlow 2400 AC+ : points chauds autour de ~46 °C

Décharge complète : du 100 % au 5 % pour mesurer l’énergie réellement récupérée

Après ces premiers essais, l’étape suivante consistait à recharger complètement les deux batteries puis à effectuer une décharge totale contrôlée jusqu’à la coupure du SolarFlow à 5 % de SOC.

État de charge de départ

Avant la décharge complète :

  • la batterie interne du SolarFlow 2400 AC+ est à 100 %,
  • la batterie Teze Power est à 99 %,
  • les cellules sont à environ 3,39 V, soit à peu près 3,4 V par cellule.

On remarque d’ailleurs que Zendure conserve une petite marge de sécurité et ne monte pas les cellules à 3,65 V. C’est cohérent avec une stratégie de préservation du pack.

SolarFlow 2400 AC+ ouvert pendant le test et écran applicatif indiquant 100 % de charge

Décharge en conditions réelles

La prise hors réseau est activée, l’onduleur Hoymiles prend la charge, et la décharge démarre à environ 50 A, soit un peu plus de 2400 W.

Après plusieurs heures de fonctionnement, plus de 8 kWh ont déjà été récupérés. À ce stade, on observe un comportement intéressant :

  • au début, l’onduleur Zendure sollicite davantage la petite batterie interne de 2,4 kWh,
  • puis très rapidement, l’essentiel de la puissance bascule vers la grosse batterie externe.

Sur environ 51 A de décharge totale, la batterie externe fournit alors environ 44 A. C’est donc elle qui porte l’essentiel de l’effort.

Conséquence immédiate sur les câbles sous-dimensionnés

À ce moment-là, les câbles externes en 4 mm² montrent clairement leurs limites :

  • autour de 43 °C sur les câbles à environ 2100 W,
  • près de 40 °C sur une pince,
  • et surtout plus de 60 °C, jusqu’à environ 65 °C sur le pôle positif.
Thermographie de l’échauffement de la batterie Teze et des connexions en charge élevée (liaison 4 mm²)

La démonstration est limpide : quand on envoie presque 50 A, du 4 mm² est trop faible dans cette configuration. On n’est pas en rupture immédiate du câble, mais on sort d’une zone de confort acceptable. Ce test confirme donc concrètement l’importance du bon dimensionnement, pas seulement sur le papier.

Résultat final : capacité récupérée et comportement de coupure

À la fin du test, la décharge est allée de 100 % à 5 % de SOC côté Zendure. Le SolarFlow 2400 AC+ coupe bien la sortie à ce seuil, ce qui coupe automatiquement l’ensemble puisque les deux batteries sont en parallèle.

L’énergie récupérée est d’environ 16 kWh au total.

C’est cohérent avec la configuration testée :

  • 15 kWh pour la batterie Teze Power 15S,
  • 2,4 kWh pour la batterie interne du SolarFlow 2400 AC+.

Compte tenu de la coupure à 5 %, des marges de sécurité, et du fonctionnement réel de l’onduleur, le résultat est jugé tout à fait conforme.

Côté batterie externe, le BMS indique encore environ 7 % de SOC restant, ce qui reste cohérent avec les 5 % affichés par Zendure.

Pourquoi un seul pack interne ne suffit pas toujours à 2400 W

Un point important ressort de ces essais : si on n’utilise que la batterie interne du SolarFlow 2400 AC+, on ne pourra pas forcément tirer 2400 W jusqu’au vrai bas de batterie.

Pourquoi ? Parce qu’à forte puissance, une batterie LFP de capacité limitée subit une chute de tension. La tension atteint alors le seuil de coupure avant que la batterie soit réellement vidée en énergie utile. Ce phénomène n’a rien d’anormal, et il ne concerne pas seulement Zendure. C’est un comportement classique des batteries lithium fer phosphate lorsqu’on leur demande trop par rapport à leur capacité disponible.

C’est précisément pour cela qu’ajouter de la capacité est intéressant :

  • avec des batteries d’extension Zendure,
  • ou avec une batterie externe DIY correctement conçue.

Plus la capacité totale est élevée, plus on peut maintenir une forte puissance longtemps, sans chute prématurée de tension. Résultat : on tient beaucoup mieux les 2400 W jusqu’à 5 %.

Ce que ce test prouve réellement

Après l’ensemble de ces essais, la conclusion est claire : oui, il est possible d’utiliser une batterie DIY externe en 15S sur un Zendure SolarFlow 2400 AC+, et le système fonctionne correctement.

Les points à retenir sont les suivants :

  • Le câblage interne du SolarFlow est bien dimensionné, avec des câbles silicone en 8 AWG.
  • La puissance utile tient autour de 2420 W, mais la sécurité coupe dès qu’on dépasse environ 2500 W sur la prise off-grid.
  • Le partage de courant entre batterie interne et externe fonctionne naturellement puisque les packs sont en parallèle.
  • Une batterie externe de forte capacité améliore clairement le comportement à haute puissance.
  • Le point critique, ce sont les câbles externes : en 4 mm², ça chauffe trop lorsqu’on approche des 50 A.
  • La capacité récupérée est cohérente avec l’énergie embarquée et le seuil de coupure à 5 %.

Autrement dit, le concept est validé, mais à une condition non négociable : faire les choses proprement. Une batterie DIY sur un port d’extension, ce n’est pas seulement une question de tension compatible. Il faut aussi un BMS adapté, des connexions sérieuses, une section de câble suffisante, et une vraie compréhension des courants en jeu.

Mot de la fin

Cette expérimentation est concluante. Le SolarFlow 2400 AC+ accepte correctement une batterie DIY 15S en extension, la décharge complète se passe bien, la coupure de sécurité est cohérente, et le comportement thermique interne est rassurant.

Le seul vrai rappel à l’ordre vient des liaisons externes : quand on manipule plusieurs kilowatts, on ne bricole pas la section des câbles au hasard. Le test l’a montré noir sur blanc, et même en thermique.

Si l’objectif est de construire une extension maison pour gagner en autonomie et maintenir 2400 W jusqu’au bas de SOC, c’est faisable. Mais il faut respecter les règles électriques, dimensionner largement, et ne jamais oublier que l’erreur, ici, se paie en chaleur.

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