Ne jetez plus vos palettes : fabriquez une clôture élégante pour le jardin !

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Quatre poules dans le jardin, c’est un bonheur. Depuis que nous les avons adoptées il y a six mois, nous avons des œufs presque tous les jours, avec pratiquement quatre œufs par jour à la sortie de l’été. Et j’adore les voir se promener librement, gratter et chercher leur nourriture.

Le problème, c’est que ces petits raptors à plumes n’ont absolument aucun respect pour le potager. Elles retournent les plantations, creusent dans les massifs et font leurs trous exactement là où ça les arrange. On ne va pas changer leur nature. En revanche, on peut protéger quelques endroits sans leur retirer toute leur liberté.

Ma solution : fabriquer une clôture façon ganivelle avec du bois de palette. Une barrière rustique, ajourée, économique et suffisamment jolie pour trouver sa place dans le jardin. Le bois de récupération n’est pas du châtaignier, évidemment. Il faut donc soigner sa protection et, surtout, sa pose.

Pourquoi fabriquer une ganivelle plutôt que l’acheter ?

Une ganivelle traditionnelle, ce sont des échalas de bois assez bruts, généralement en châtaignier, reliés par du fil métallique. L’ensemble reste souple et permet de délimiter une zone sans installer une grosse clôture rigide.

J’aime beaucoup ce style. Il aurait parfaitement convenu à plusieurs endroits stratégiques du jardin. Ce qui m’a nettement moins plu, c’est le prix : entre 15 et 17 euros le mètre linéaire dans les offres que j’ai repérées. Quand on a besoin de plusieurs dizaines de mètres, ça commence à faire une somme.

À ce tarif, j’ai même eu un moment de doute : avec les panneaux solaires que je trouve autour de 30 euros le mètre carré TTC, j’étais presque tenté de fabriquer des clôtures photovoltaïques partout ! Bon, les unités ne sont pas les mêmes, et nous avons déjà suffisamment de panneaux. Restons raisonnables.

L’idée est donc de retrouver l’allure d’une ganivelle avec des matériaux récupérés, sans prétendre obtenir la même durabilité qu’une clôture en châtaignier. Le cahier des charges est simple : peu de dépenses, un montage répétable et un résultat propre.

Le matériel nécessaire

Voici ce que j’ai utilisé pour fabriquer cette clôture en bois de palette :

  • Des palettes classiques avec des planches d’environ 8 à 9 cm de largeur.
  • Un petit pied-de-biche et un marteau arrache-clou pour le démontage.
  • Une scie sur table pour déligner les planches.
  • Une scie à onglet pour les coupes à longueur et les pointes.
  • Un saturateur pour protéger le bois.
  • Un chiffon et des gants en nitrile pour l’application du produit.
  • Une palette solide et des clous pour fabriquer le gabarit.
  • Du fil métallique résistant à la corrosion.
  • Une agrafeuse électrique avec des agrafes arrondies adaptées au fil.
  • Des poteaux de soutien et des jambes de force pour la pose définitive.

Le bois peut être gratuit, mais le projet n’est pas entièrement sans frais si vous devez acheter le saturateur, le fil, les agrafes ou les supports. Dans mon cas, j’utilise notamment du fil que j’avais déjà pour un autre aménagement du jardin.

1. Récupérer les bonnes palettes et démonter les planches

Les palettes se trouvent assez facilement autour des commerces, des magasins de bricolage ou chez un artisan qui reçoit régulièrement des livraisons. Pour ce projet, j’ai choisi des palettes classiques plutôt que des palettes Europe.

Pourquoi ? Parce que les palettes Europe sont souvent consignées et ont une valeur en tant que palettes. Je trouve dommage de les transformer en petits morceaux de clôture quand elles peuvent encore servir autrement.

Ce qui m’intéresse ici, ce sont des planches courantes d’environ 9 cm de largeur, sur des palettes relativement faciles à démonter. Un petit pied-de-biche et un marteau suffisent. Le détail bien pratique, c’est un marteau avec une griffe arrache-clou. Le mien ne coûte que quelques euros et fait très bien le travail.

On récupère les planches tranquillement, en limitant la casse, puis on retire les clous avant de passer à la découpe. Certaines planches vont se fendre ou casser au démontage : mieux vaut intégrer ces pertes dès le départ plutôt que compter sur une récupération parfaite.

2. Transformer les planches en échalas de 80 cm

Déligner en largeurs de 2 à 3 cm

Les planches récupérées sont encore brutes. Je les découpe dans la longueur pour obtenir des petites lattes de 2 à 3 cm de largeur, qui formeront les échalas de la clôture.

Je règle ma scie sur table à 3 cm, mais je ne cherche pas à obtenir des pièces toutes identiques. Une planche un peu moins large donnera une dernière latte plus étroite. Cette variation fait partie du charme : sur les premiers essais, le mélange de largeurs donne justement un résultat que je trouve très joli.

On conserve donc un aspect rustique, sans essayer de transformer du bois de palette en menuiserie de précision. En revanche, la découpe demande de l’attention. Travaillez calmement, protégez vos yeux et gardez les mains à distance de la lame.

Couper à longueur et former les pointes

Je recoupe ensuite les lattes à 80 cm de longueur. C’est la hauteur que j’ai retenue pour décourager mes poules d’aller dans les zones protégées.

Attention, ce n’est pas une hauteur infranchissable pour une poule. Elles peuvent passer au-dessus. Je compte surtout sur le fait que les miennes ne vont pas forcément se donner cette peine. Il s’agit d’une barrière dissuasive adaptée à mon jardin, pas d’un enclos garanti contre toutes les évasions.

Pour le sommet, je réalise deux coupes à 45° afin de former une pointe. Une seule coupe en biais aurait été plus rapide, mais je trouve la pointe plus esthétique et moins agressive visuellement. Ces faces inclinées favorisent aussi l’écoulement de l’eau.

Latte de bois tenue devant une scie à onglet, avec une extrémité taillée en pointe

3. Protéger le bois de palette avec un saturateur

Il faut être honnête : le bois de palette n’est pas un bois durable par défaut. J’ai des palettes restées dehors pendant trois ou quatre ans, et leur bois commence à être sérieusement fatigué. Je ne compte donc pas installer ces lattes sans protection en espérant qu’elles tiennent indéfiniment.

J’ai envisagé plusieurs techniques pour prolonger leur durée de vie, puis j’ai choisi un saturateur. Mon objectif est de limiter autant que possible l’entrée de l’eau dans les fibres du bois. Ce traitement ne transforme pas les palettes en châtaignier, mais il donne une chance supplémentaire à la clôture.

Reste un problème très concret : passer le pinceau sur toutes les faces de dizaines de petites lattes, c’est long. Très long. J’ai donc préféré une application au chiffon.

  1. J’enfile des gants en nitrile.
  2. J’imbibe un chiffon de saturateur.
  3. Je passe le chiffon sur toutes les faces de chaque échalas.
  4. J’insiste sur la pointe et sur l’extrémité basse.
  5. Je mets la pièce traitée de côté avant de passer à la suivante.

Avec le chiffon, on enveloppe facilement la latte et on couvre rapidement ses différentes faces. Le but est de bien traiter toute la pièce, pas seulement la face qui sera visible depuis le jardin.

Application au chiffon sur une latte de bois au-dessus d’une bassine rouge, avec des gants noirs

4. Fabriquer un gabarit pour garder une clôture régulière

Le gabarit, c’est vraiment ce qui facilite la fabrication. Sans lui, on passerait son temps à mesurer, repositionner et vérifier les écarts entre les lattes.

J’ai récupéré une palette très solide, qui ne convenait pas pour faire des échalas, et je l’ai utilisée comme support de travail. J’y ai installé des séries de clous alignés qui servent de butées pour placer les lattes à intervalles réguliers.

Planches d’une palette bleue portant plusieurs rangées de clous espacés

Chaque échalas vient se caler dans le gabarit. On peut ainsi préparer toute une série avec un alignement et un espacement cohérents, sans recommencer les mesures à chaque pièce.

J’aime bien les choses brutes, mais j’aime aussi qu’il y ait un minimum de régularité. Des lattes légèrement différentes, oui. Une clôture qui part dans tous les sens, non. Le gabarit permet précisément de garder cet équilibre.

L’espacement est à définir selon le résultat recherché. Ici, l’idée reste de réaliser une clôture ajourée qui empêche mes poules de passer entre les échalas.

5. Relier les échalas avec du fil et des agrafes

Pour l’assemblage, je réutilise le fil de mon palissage de vigne : un fil de 2 mm en alliage d’aluminium, choisi pour sa bonne résistance à la corrosion. J’en avais acheté 400 mètres et il m’en restait une grande quantité. Autant le faire servir.

Du fil d’acier galvanisé peut aussi convenir. C’est une solution classique pour les clôtures et les ganivelles. L’important ici est de choisir un fil qui supporte l’exposition extérieure.

Une fois les échalas installés dans le gabarit, je tends plusieurs lignes de fil perpendiculairement aux lattes. Je fixe ensuite chaque passage avec l’agrafeuse électrique et des agrafes légèrement arrondies, qui entourent le fil.

Les planches de la palette servent également de repères pour suivre les lignes de fixation. On progresse de latte en latte, puis on retire la section assemblée et on prépare la suivante.

Fixation à l’agrafeuse de lattes alignées sur une palette bleue

Une fois les échalas préparés, l’assemblage devient rapide : un mètre linéaire peut se faire en quelques minutes. Le temps de travail se trouve surtout dans le démontage, les découpes et le traitement du bois.

Combien de clôture peut-on faire avec une palette ?

Dans mon estimation, huit planches récupérées permettent d’obtenir environ 1,60 m de clôture avec l’espacement retenu. En tenant compte des planches cassées et des pertes, je préfère compter plutôt autour de 1,30 m par palette.

Cinq palettes peuvent donc donner approximativement 6,50 à 7 m de ganivelle. Ce n’est pas une règle universelle : le rendement dépend des planches disponibles, de leur état et de l’écartement choisi.

6. Installer la clôture sans condamner les accès du jardin

Au final, j’ai fabriqué environ 4 à 4,50 m de clôture. Le résultat correspond vraiment à ce que j’avais en tête : des petites pointes, un aspect naturel et une barrière qui rappelle les ganivelles du commerce.

Clôture ajourée en lattes pointues devant les bacs du potager et un composteur

Mais une belle section de clôture ne suffit pas. Il faut aussi réfléchir à la manière dont on circule dans le jardin. Ici, la barrière se trouve près du potager, des composteurs et de l’endroit où je fends mes bûches. Je n’ai aucune envie de devoir l’enjamber chaque fois que j’ai quelque chose à faire.

Je prévois donc un petit portillon et un ajustement du tracé. L’objectif est de bloquer les poules, pas de me bloquer moi-même.

Des poteaux réguliers et des fils bien tendus

Ma première pose est provisoire : les deux poteaux installés sont trop hauts et la clôture n’est pas assez tendue. Pour une installation plus propre, voici ce que je prévois :

  • Utiliser des poteaux d’environ 1 m, fermement plantés dans le sol.
  • Placer un poteau environ tous les mètres.
  • Bien tendre les fils entre les supports.
  • Ajouter une jambe de force sur le premier et le dernier poteau.

Les jambes de force permettent de reprendre l’effort de tension. Sans elles, on risque de tirer sur le fil et de faire pencher les poteaux d’extrémité au lieu de redresser la clôture.

Le détail essentiel pour la durée de vie : laisser le bois hors du sol

J’ai laissé environ 5 cm de vide sous la ganivelle. Ce petit espace a deux fonctions : éviter que les échalas reposent dans la terre et permettre de passer le fil du coupe-bordure dessous.

C’est un point à ne surtout pas négliger. Si le bas des lattes reste constamment dans la terre humide ou enfoui dans la végétation, le bois de palette va se dégrader très rapidement. Le saturateur ne compensera pas une mauvaise implantation.

Il faut donc entretenir régulièrement le pied de la clôture et dégager l’herbe qui retient l’humidité autour des extrémités. C’est même l’une des zones où l’entretien compte le plus.

Coupe-bordure utilisé au pied de la clôture en lattes de bois

Temps de fabrication, économies et bilan

Ce chantier m’a demandé environ trois heures et demie de travail, avec les prises de vue qui ralentissent beaucoup les opérations. Sans ces interruptions, j’estime qu’une fabrication comparable pourrait prendre une heure et demie à deux heures, selon le matériel et le rythme de travail.

Pour les 4 à 4,50 m obtenus, j’évalue l’équivalent acheté en magasin à environ 65 euros, d’après les prix que j’avais repérés. Ce n’est pas une économie nette calculée au centime, puisque les consommables et les supports ont aussi un coût. Mais avec du bois récupéré et du fil déjà disponible, je trouve l’opération intéressante.

Je ne vais pas non plus vous vendre ça comme une séance de repos. On se baisse, on s’accroupit, on répète beaucoup de petits mouvements, et les outils ajoutent des vibrations. À la fin, le corps a bien compris qu’il avait bricolé.

Malgré ça, c’est exactement le genre de petit projet que j’aime : accessible avec l’outillage adapté, peu coûteux et utile au quotidien. Les poules gardent l’essentiel de leur liberté, tandis que certaines zones du jardin deviennent un peu moins accueillantes pour leurs travaux de terrassement.

Et pendant que je termine cette barrière, le potager continue de donner. À la mi-octobre, j’ai encore de belles fraises, après des récoltes commencées en avril. Une raison de plus pour protéger ce qui pousse, sans transformer tout le terrain en forteresse.

Le principe à retenir : récupérer le bois, préparer les échalas, les protéger, utiliser un gabarit et soigner la pose. La fabrication est simple, mais ce sont les détails, notamment la tension du fil et l’absence de contact avec le sol, qui feront la différence à l’usage.

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