Réduire nos émissions de carbone reste indispensable. Mais il faut aussi se préparer aux changements qui sont déjà là. Canicules à répétition, sécheresses, incendies, grêle, pluies torrentielles, tempêtes, gels tardifs et dégels précoces : notre maison et notre jardin vont devoir encaisser des conditions de plus en plus éprouvantes.
Cela fait une vingtaine d’années que je travaille sur la décarbonation, et une trentaine que le sujet climatique me préoccupe. Difficile de considérer que les efforts accomplis sont à la hauteur du problème. Alors, autour de notre longère en pierre calcaire, dans le Lot, j’ai décidé de passer à une nouvelle étape : adapter progressivement le terrain pour le rendre plus frais, plus économe en eau, plus productif et plus résilient.
Voici mon plan de bataille pour 2030. Il concerne surtout les aménagements extérieurs, pas la rénovation complète des bâtiments. Certains chantiers sont assez simples. D’autres vont me demander des années. Et quelques-uns comportent une bonne dose d’expérimentation, avec probablement de beaux ratés au passage.
Créer de l’ombre avant de chercher à refroidir
La première famille de projets repose sur une idée assez évidente : mieux vaut éviter que le soleil chauffe tout, plutôt que chercher ensuite à évacuer cette chaleur. Les végétaux ont ici un double intérêt, grâce à leur ombre et à l’évapotranspiration. Je suis un peu réservé sur l’expression de « climatiseurs naturels », mais certainement pas sur les bénéfices de la végétation.
1. Installer des treilles, des pergolas et des palissages
C’est probablement l’un des chantiers les plus accessibles de ma liste. L’idée est d’utiliser des plantes grimpantes pour protéger les façades et créer des espaces agréables à vivre dehors.
Mon premier terrain d’expérimentation sera ma centrale solaire, que j’ai construite moi-même. Je compte lui ajouter une structure montant à environ 2,50 mètres, puis développer une pergola devant les panneaux. Quatre pieds de vigne sont déjà achetés et prépositionnés, mais pas encore plantés à leur emplacement définitif.
Pourquoi la vigne ? Parce qu’elle me paraît être une alliée intéressante pour les années à venir, et parce qu’elle permet de réunir deux fonctions qui me plaisent beaucoup : faire de l’ombre et produire des fruits. Aujourd’hui, cet espace est trop aride et assez peu productif. Demain, j’aimerais en faire un coin abrité où l’on récolte aussi du raisin. Une centrale solaire version 2.0, en quelque sorte.
Devant la maison, j’ai déjà un exemple encourageant. Un petit rosier a colonisé en trois ans une grande partie du support installé sur la façade. Au printemps, la floraison est magnifique. En août, il a forcément un peu moins fière allure, mais la couverture végétale est bien là.
Le vocabulaire dépend surtout de la disposition du support :
- Le palissage guide la végétation verticalement, notamment contre une façade.
- La tonnelle ou la pergola développe une couverture au-dessus d’un espace.
Vigne, glycine, rosier grimpant : plusieurs possibilités existent. Pour moi, l’intérêt est aussi esthétique. Une maison habillée de végétation, c’est beau, tout simplement. Et limiter le soleil sur les façades reste utile même si l’on utilise une climatisation à l’intérieur, puisque cela réduit les besoins de refroidissement.
2. Planter des arbres, des arbustes et des haies
Un arbre a besoin de temps pour s’installer et développer son système racinaire. Plus tôt les plantations seront engagées, plus elles auront de chances d’être bien établies dans dix ou quinze ans. Mais planter beaucoup ne signifie pas forcément planter tout d’un coup.
Chez moi, ce chantier se répartit entre trois espaces.
Le premier sera un jardin d’ombre. Je veux transformer une zone encore assez désertique en petite oasis, avec des cheminements ombragés et des endroits où les poules, les chats et nous pourrons rester au frais. J’imagine un jardin aux accents méditerranéens, avec notamment des albizias, des chênes, des figuiers et des oliviers.
Le deuxième est le verger. J’y ai introduit des espèces que je souhaite expérimenter face aux fortes chaleurs : plaqueminiers, pistachiers, amandiers, pacaniers et vignes. Je conserve aussi des espèces plus locales, qui demanderont parfois davantage d’attention.
Mon rythme est d’environ quinze à vingt arbres par an. Je préfère accompagner correctement vingt jeunes sujets, les arroser et les surveiller, plutôt que d’en installer cent cinquante et d’en perdre une grande partie. La capacité à prendre soin des plantations compte autant que le nombre d’arbres plantés, surtout lorsque l’eau manque sur le terrain.
Le troisième espace est le côté ouest du potager. Je veux y créer une haie brise-vent. Le vent dessèche les cultures et augmente les besoins d’arrosage. Le ralentir fait donc partie de ma stratégie d’économie d’eau. En revanche, je ne veux pas laisser pousser de grands arbres du côté où se trouvent mes installations solaires.
3. Créer un carport végétalisé pour les véhicules
Un carport dans un programme de transition écologique ? Oui. En milieu rural, là où j’habite, une partie de la mobilité restera automobile pendant encore longtemps. L’enjeu est de la décarboner, notamment avec de petits véhicules électriques, mais aussi de préserver ces véhicules pour les faire durer.
Je préfère les laisser dehors plutôt que construire un garage. Seulement, dehors, ils subissent le soleil, la grêle, les tempêtes et les éventuelles chutes de branches. Mon projet consiste donc à créer une couverture végétale sur une structure légère, probablement avec une glycine. J’avoue avoir un faible pour cette plante : dans mon imaginaire, elle fait presque partie de la maison de famille idéale.
Cette couverture doit d’abord apporter de l’ombre pour limiter la surchauffe. Je souhaite également étudier sa capacité à apporter une protection contre la grêle, sans considérer cette protection comme acquise avant d’avoir conçu et testé l’ensemble.
Un carport photovoltaïque pourrait être une bonne solution ailleurs. Chez moi, l’orientation et les arbres alentour rendent cette option moins intéressante. Je cherche donc quelque chose de plus végétal, qui s’intègre au lieu. La question des formalités d’urbanisme reste à vérifier : le caractère végétalisé du projet ne suffit pas, à lui seul, à trancher son statut.
Garder l’eau sur le terrain plutôt que la laisser partir
L’ombre ne fera pas tout. La gestion de l’eau est l’autre grand morceau de ce programme d’adaptation climatique. Mon objectif est de retenir davantage l’eau lorsqu’elle arrive, soit dans le sol, soit dans des réserves, puis de mieux la répartir lorsque les besoins deviennent importants.
Le paradoxe est bien visible au verger : l’été, le sol brûle et les arbres souffrent, mais un orage peut apporter brutalement beaucoup d’eau qui ruisselle sans profiter suffisamment aux plantations.
4. Creuser des baissières dans le verger
J’aime les choses bien ordonnées. Mon verger est donc organisé avec une alternance assez régulière : un arbre fruitier, plusieurs arbustes fruitiers, puis un nouvel arbre. On y trouve notamment des framboisiers, des cassissiers et des groseilliers.
Lors des épisodes de forte chaleur, le couvert herbacé se dessèche et le sol argileux devient très sec. Sur ce terrain légèrement en pente, une pluie intense peut alors filer en surface au lieu de s’infiltrer là où j’en ai besoin.
Je vais donc créer des baissières, aussi appelées swales, le long des plantations. Ce sont de petites dépressions aménagées suivant les courbes de niveau, destinées à ralentir et retenir temporairement le ruissellement pour favoriser son infiltration.
L’objectif n’est pas de faire évacuer l’eau le plus vite possible, mais au contraire de lui donner le temps d’entrer dans le sol près des arbres. Que la pelouse reste sèche m’inquiète moins que de voir mes fruitiers manquer d’eau.
À l’échelle du terrain, cela représente plusieurs centaines de mètres de petits terrassements. Ce ne sera pas une affaire réglée en un week-end. Mais ce travail doit aussi alimenter le projet suivant.
5. Aménager des demi-lunes paillées autour des arbres
Les baissières permettront de retenir et de répartir l’eau. Les demi-lunes doivent aider à la conserver au plus près de chaque arbre.
Le principe que je souhaite mettre en place est le suivant :
- Réutiliser la terre extraite des baissières pour former un petit bourrelet en demi-lune.
- Créer ainsi une cuvette autour de l’arbre, avec un rayon d’environ un mètre dans l’exemple envisagé.
- Y apporter beaucoup de matière organique et une épaisse couverture de paillage.
- Faire profiter cette zone de l’eau retenue par les aménagements voisins.
Je cherche à constituer une sorte d’éponge au pied des arbres. Il ne s’agit pas seulement de faire entrer de l’eau dans le sol, mais de maintenir plus longtemps une zone humide et une activité biologique autour des racines.
Chaque arbre aurait ainsi sa petite oasis, plutôt que de rester isolé au milieu d’une surface entièrement desséchée. Baissières et demi-lunes sont deux chantiers distincts, mais ils prennent tout leur sens ensemble.
6. Créer une mare pour la biodiversité et les excédents de pluie
La mare est un projet qui me tient particulièrement à cœur. Pour la vie qu’elle peut accueillir, pour la fraîcheur du lieu et, tout simplement, pour le plaisir d’avoir de l’eau dans le jardin. Mais elle aura aussi une fonction très concrète dans l’organisation du terrain.
Je prévois de l’installer à l’ouest du potager et au sud du verger. Elle recevrait les excédents provenant :
- Des toitures de la maison et des dépendances.
- De la centrale solaire.
- Du réseau de collecte des eaux pluviales déjà en partie installé.
- Des trop-pleins des baissières et des fossés lors des fortes pluies.
La logique est de faire profiter le verger de l’eau en premier, puis de conduire les surplus vers la mare. Aujourd’hui, une partie des eaux de toiture est déjà canalisée, mais termine sa course dans la prairie. Je veux mieux utiliser cette ressource.
J’envisage un volume de l’ordre de 30 m³. C’est un ordre de grandeur de projet, pas un dimensionnement définitif. Les règles applicables à sa création devront être vérifiées avant de fixer sa surface et de commencer les travaux.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de tout concentrer dans un ouvrage démesuré. C’est plutôt de multiplier de petits points d’eau et des lieux favorables à la biodiversité, reliés par des espaces où la nature peut circuler. Une petite mare ici, une autre ailleurs : cette approche répartie me parle beaucoup plus. La réserve aurait aussi vocation à contribuer à l’arrosage du potager.
7. Installer un assainissement par phytoépuration
Après plusieurs années de réflexion, la phytoépuration me semble être une piste particulièrement intéressante pour l’assainissement individuel de la maison.
Le terrain présente environ trois mètres de dénivelé entre la maison, le secteur du poulailler et la future mare. Je voudrais exploiter cette pente pour que les eaux descendent naturellement vers une installation de traitement comprenant deux bassins et des végétaux adaptés, comme les roseaux ou les iris des marais.
L’ambition est de traiter les eaux domestiques, puis d’étudier les possibilités de valorisation en aval pour des plantations non alimentaires. Je ne prévois ni d’envoyer directement ces eaux dans la mare, ni d’arroser le potager avec. Leur réutilisation restera conditionnée à la conception de l’installation et au cadre applicable.
Ce chantier n’est pas le plus urgent du calendrier, essentiellement pour une raison financière. En l’état, je ne peux pas le lancer immédiatement. Il se situe plutôt à un horizon de trois ou quatre ans, sauf possibilité de partenariat autour d’un projet pilote.
8. Construire une citerne enterrée
La mare et le stockage dans le sol ne répondent pas à tous les besoins. Je voudrais également disposer d’une citerne enterrée pour récupérer l’eau de pluie.
Et, évidemment, j’ai envie de compliquer un peu l’affaire : mon rêve serait une citerne maçonnée inspirée des ouvrages anciens, avec un travail de pierre. J’aime l’idée d’un équipement construit pour servir plusieurs générations, même s’il faut y consacrer beaucoup de temps.
La pierre sèche me tente, mais je n’ai pas encore arrêté la solution constructive ni la manière d’assurer l’étanchéité. Ce n’est donc pas une méthode prête à reproduire. Je vais comparer les possibilités et chercher une alternative si cette piste devient trop complexe.
Ce projet pourrait facilement m’occuper plusieurs années. Il y aura sans doute des essais, de l’innovation et quelques échecs. Cela fait aussi partie du plaisir de construire soi-même.
9. Définir une solution d’arrosage, avec ou sans puits
Faut-il ajouter un puits ou un forage à cet ensemble ? Je n’en suis pas encore convaincu.
Nous sommes en fond de vallée, avec une rivière à proximité et des puits chez les voisins. Cela m’incite à envisager cette possibilité. J’ai même pensé à un creusement manuel dans ce sol argileux, mais ce n’est à ce stade qu’une hypothèse de chantier, pas une opération engagée.
La vraie question reste celle du besoin. Si les baissières, la mare et les citernes permettent de récupérer et de conserver suffisamment d’eau, pourquoi ajouter systématiquement un prélèvement souterrain ?
Trois pistes restent donc ouvertes :
- Distribuer l’eau récupérée dans les citernes et la mare vers les zones de production.
- Mettre en place un réseau d’irrigation adapté aux besoins du verger et du potager.
- Envisager un puits si les autres ressources ne suffisent pas.
Il faudra aussi tenir compte des restrictions d’usage de l’eau en période de sécheresse. Pour l’instant, le chantier certain est celui d’un système d’arrosage cohérent avec les ressources réellement disponibles. Son alimentation précise reste à décider.
Produire davantage, mais aussi conserver les récoltes
Mon ambition est de produire une part importante de notre alimentation. Seulement, produire des légumes et réussir à les conserver sont deux problèmes différents. Les deux projets suivants sont donc liés, même s’ils seront techniquement assez costauds.
10. Creuser une cave de jardin semi-enterrée
Construire une cave sous une maison existante n’est pas forcément la solution la plus simple. Je préfère créer une cave de jardin, intégrée à la pente du terrain.
Le principe n’a rien de révolutionnaire : utiliser la relative stabilité thermique de la terre pour conserver des aliments. On retrouve cette logique dans de nombreuses traditions de stockage enterré.
Je veux y conserver des légumes à partir de la fin de l’été et pendant l’hiver. Le sol doit aider à limiter les fortes chaleurs, puis apporter une protection contre le gel lorsque l’air extérieur devient froid. Je cherche une réserve fraîche, pas un congélateur.
La cave sera semi-enterrée et nécessitera un vrai travail de conception, de terrassement et de construction. Elle devrait aussi être équipée d’un échangeur géothermique à air, souvent appelé puits canadien ou puits provençal selon l’usage.
Pourquoi cet équipement ? Parce que ventiler une cave avec un air extérieur à 36 ou 37 °C n’a pas grand intérêt si l’on cherche à garder les légumes au frais. Je veux donc étudier la manière de renouveler l’air sans détruire le bénéfice thermique du stockage enterré.
11. Construire une serre géoclimatique au-dessus de la cave
C’est probablement mon projet phare pour les prochaines années : installer une serre au-dessus de la cave et expérimenter les échanges thermiques entre les deux espaces.
En hiver, l’idée est de profiter de la chaleur relative du sol et de l’espace enterré pour contribuer à tempérer la serre. J’espère ainsi parvenir à un espace hors gel, notamment pour y abriter des agrumes.
J’ai une affection particulière pour les orangeries. Je ne compte pas en construire une à proprement parler, mais j’aimerais en retrouver le principe : rentrer les orangers et les citronniers pour les protéger pendant l’hiver. Avoir des oranges chez soi, cela fait partie des rêves que je m’autorise.
Je souhaite aussi étudier l’influence de ces échanges sur la cave. Mon espoir est d’y obtenir une température relativement stable, autour de 8 °C. Ce sera un résultat à mesurer, pas une performance que je peux annoncer à l’avance.
En été, le fonctionnement devra être différent. La fraîcheur de la cave ne va pas naturellement remonter pour refroidir toute la serre. Il faudra donc dissocier les deux espaces et agir directement contre la surchauffe de la partie vitrée.
Plusieurs solutions sont prévues pour les essais :
- Une ventilation très importante.
- Un ombrage renforcé.
- Des panneaux photovoltaïques semi-transparents pour associer ombre et production électrique.
- Un blanchiment des vitrages.
- Des expérimentations sur l’évapotranspiration et la brumisation.
Je veux faire de cette serre un laboratoire pour chercher un équilibre thermique, été comme hiver. Une serre tempérée, c’est difficile à obtenir. J’y vais avec de l’optimisme, mais sans prétendre que tout est déjà résolu.
Il y a en revanche un point non négociable : la solidité. Ma précédente serre plastique a résisté à trois tempêtes, pas à la quatrième. Cette dernière avait aussi arraché un saule pleureur, un noyer et plusieurs autres arbres. Maintenant, je sais mieux ce que le vent peut faire ici. La prochaine serre devra être conçue en conséquence, avec les conditions climatiques futures en tête.
Protéger la maison des variations d’humidité du sol
12. Terminer le trottoir périphérique contre le retrait-gonflement des argiles
Ce dernier chantier touche presque au bâtiment lui-même. Sur un sol argileux, les alternances entre dessèchement et réhumidification peuvent provoquer des mouvements du terrain. L’argile se rétracte lorsqu’elle sèche, puis gonfle lorsqu’elle reprend de l’eau. Ces mouvements peuvent affecter les fondations et fissurer les murs.
J’ai commencé à aménager autour de la maison une bande périphérique étanche, d’environ 1,50 mètre de large. Le principe recherché est de limiter les variations trop rapides d’humidité près des fondations, en réduisant à la fois l’évaporation et les arrivées directes d’eau au pied des murs.
La partie déjà réalisée comprend :
- Une membrane d’étanchéité en EPDM sous la bande de gravier.
- Une légère pente pour conduire l’eau vers l’extérieur.
- Un drain collectant les eaux de cette zone.
- Un regard où cette collecte rejoint les eaux de toiture.
- Une canalisation qui doit, à terme, alimenter la mare.
J’ai réalisé environ 30 % du pourtour. Il reste à prolonger l’aménagement devant la maison et sur les côtés. C’est un travail engagé depuis les premières années de notre installation, que je vais continuer progressivement.
Ce dispositif participe à la protection que je recherche pour la maison, mais ce n’est pas une garantie universelle contre les fissures. La pertinence d’un tel aménagement dépend du sol, des fondations et de la gestion de l’eau autour du bâtiment.
Au passage, il apporte d’autres avantages très quotidiens : une entrée moins boueuse, un cheminement praticable et, avec le gravier clair, davantage de lumière réfléchie vers l’intérieur en hiver. Et puis le gravier a une qualité assez pratique : quand quelqu’un arrive, on l’entend.
Une adaptation progressive, pas une forteresse climatique
Ces douze chantiers ne sont pas indépendants. La haie réduit le dessèchement du potager. Les baissières alimentent des zones paillées. Leurs surplus rejoignent la mare. Le trottoir périphérique protège les abords de la maison tout en récupérant de l’eau. La cave et la serre doivent être pensées ensemble, mais fonctionner différemment selon les saisons.
Ce qui m’intéresse, c’est cette cohérence d’ensemble. Pas d’empiler des équipements, ni de transformer le terrain en forteresse. Je veux en faire un lieu plus agréable à vivre, capable de mieux traverser les chaleurs, les sécheresses et les intempéries, tout en accueillant davantage de vie.
Je ne vais pas tout lancer en même temps. Les treilles et les plantations sont des étapes relativement accessibles. La mare, la citerne, la cave et la serre demanderont beaucoup plus de temps, de moyens et de mise au point. À côté de cela, il restera aussi les travaux de la maison et les essais de matériaux ou de techniques que j’aimerais mener.
Il n’est pas nécessaire de reprendre toute cette liste chez soi. Une pergola, quelques arbres bien accompagnés, une meilleure récupération de pluie ou du paillage autour des fruitiers peuvent déjà constituer un premier chantier utile. Si une seule de ces idées vous donne envie d’adapter votre propre lieu de vie, ce plan de bataille aura déjà servi à quelque chose.