Installer une climatisation prête à poser soi-même, sur le papier, ça paraît plutôt simple. Dans une vieille maison aux murs en granit de 70 cm, c’est tout de suite une autre histoire. Entre le passage de la ligne électrique, le perçage, les liaisons frigorifiques préchargées et les finitions, il faut anticiper pas mal de choses pour ne pas se retrouver coincé en plein chantier.
Ici, l’objectif était d’installer une pompe à chaleur air-air Toshiba Yukai avec un kit prêt à poser, sans intervention de mise en service, grâce à des liaisons frigorifiques déjà préchargées et tirées à vide. Le chantier a été fait seul, avec ses galères, mais le résultat fonctionne nickel.
Pourquoi choisir une clim prête à poser ?
Le gros avantage d’un kit prêt à poser, c’est que les liaisons frigorifiques fournies sont préchargées et déjà tirées à vide. C’est un point essentiel.
Sur une installation classique, un professionnel réalise un tirage à vide avant la mise en service. Cela sert à éliminer l’air et surtout l’humidité présents dans le circuit. Ce sont deux éléments qui peuvent nuire au bon fonctionnement du système frigorifique.
Avec les liaisons préchargées, cette opération est déjà prévue dans le principe du kit. C’est ce qui permet de réaliser le montage soi-même, à condition de suivre très précisément la notice du fabricant et de manipuler les raccords avec soin.
Le kit comprenait notamment :
- Les deux liaisons frigorifiques de diamètres différents.
- Un tuyau d’évacuation des condensats.
- Le câble de liaison entre l’unité intérieure et le groupe extérieur.
- Les clapets et raccords de sécurité.
- Des mousses isolantes pour les raccordements.
- Des éléments pour les passages et les finitions.
Il faut tout de même prévoir une bombe de détection de fuite. Même avec des raccords prévus pour simplifier l’installation, vérifier l’étanchéité à la fin, c’est indispensable.
Bien choisir l’emplacement du groupe extérieur
Avant même de percer ou de tirer le moindre câble, il faut réfléchir à l’emplacement du groupe extérieur. Le choix ne se limite pas à l’endroit le plus proche de l’unité intérieure.
Dans l’idéal, le groupe doit être placé à l’ombre une bonne partie de la journée. Le soleil direct, surtout lors de fortes chaleurs, n’est pas ce qu’il y a de mieux pour son rendement. Sur ce chantier, le pignon le plus ombragé était le meilleur emplacement, mais il imposait une contrainte : les liaisons fournies faisaient 4 mètres.
Il a donc fallu calculer le passage, la hauteur du groupe et le cheminement complet avant de se lancer. C’est un point à ne pas négliger au moment de commander : une longueur de liaison trop juste limite fortement les possibilités d’implantation.
Prends aussi en compte :
- L’accessibilité pour l’entretien du groupe extérieur.
- Le passage des goulottes et des câbles.
- La sortie des condensats.
- La stabilité du support.
- Le voisinage et les éventuelles nuisances sonores.
- La longueur réelle des liaisons, avec les montées, descentes et virages.
Préparer une alimentation électrique propre et accessible
La climatisation a besoin d’une ligne électrique adaptée à sa puissance. Ici, une alimentation extérieure existante a été reprise, avec passage de gaines, boîte de dérivation et goulottes, puis protection dans une petite dalle pour que le cheminement reste propre.
Le principe retenu est très pratique : une coupure dédiée pour la clim, tout en gardant une prise disponible à proximité. Ainsi, lors de l’entretien, on peut mettre la clim hors tension sans perdre l’alimentation de la prise. C’est utile pour brancher un pulvérisateur, un nettoyeur ou tout autre matériel de nettoyage du groupe extérieur.
Pour le calibre du disjoncteur et la section de câble, pas d’improvisation. Il faut impérativement se référer à la notice du modèle installé et respecter les exigences électriques applicables. Dans ce cas précis, la notice indiquait une protection 16 A avec un câble 3G2,5.
Poser la plaque de l’unité intérieure
La pose de l’unité intérieure commence par sa plaque murale. C’est une étape toute bête, mais elle conditionne la suite du chantier.
Le plus simple est de fixer d’abord une première vis. Cela permet de présenter la plaque, de la mettre tranquillement de niveau sans devoir la tenir à bout de bras, puis de faire tous les repères de fixation.
La hauteur de pose doit suivre les indications du fabricant. Il faut aussi prévoir l’espace nécessaire au-dessus et sur les côtés de l’appareil afin que l’air puisse circuler correctement et que la maintenance reste possible.
Traverser un mur ancien en granit : la grosse galère
Sur un mur en parpaings, le passage de la clim aurait été beaucoup plus tranquille. Sur un mur ancien en granit, il faut être prêt à y passer du temps.
Le mur faisait environ 70 cm d’épaisseur, avec du placo et du polystyrène côté intérieur. La méthode utilisée a été de commencer avec une longue mèche pour créer un trou de référence et repérer exactement où ressortir à l’extérieur. Ce trou guide ensuite le perçage principal.
Ensuite, tentative avec une carotteuse et une couronne. Le souci, dans les murs très épais, c’est de manquer de longueur avant d’avoir totalement traversé. C’est là qu’une grande rallonge entre la couronne et le perforateur devient vraiment utile.
Le conseil à retenir pour un mur en pierre :
- Faire un trou de référence avec une longue mèche.
- Prévoir une couronne adaptée au matériau.
- Prévoir une rallonge suffisamment longue pour la carotteuse.
- Ne pas compter sur un perçage rapide si le mur est en granit.
- Garder le trou de référence pour retrouver le centre depuis l’extérieur.
Dans ce cas, la couronne n’a pas suffi à traverser complètement. Il a fallu finir par plusieurs perçages guidés, puis faire tomber le dernier morceau de matière depuis l’extérieur. Ce n’était pas la partie la plus agréable, mais le passage a fini par être propre et exploitable.
Passer les liaisons sans les pincer
Une fois le trou réalisé, il faut passer l’évacuation des condensats, le câble de liaison et les liaisons frigorifiques. Là, il ne faut pas faire n’importe quoi, surtout avec les tubes préchargés.
Ces liaisons ne doivent jamais être coudées brutalement ni pliées à 90 degrés. Si le tube se pince, la liaison frigorifique est fichue. La petite liaison, de diamètre inférieur, reste relativement facile à manipuler. La grosse, elle, est beaucoup moins souple.
Avec un mur très épais et une sortie pas forcément dans l’axe idéal, le cintrage devient vite compliqué. Une cintreuse peut aider à travailler proprement, mais cela représente un achat supplémentaire pour une installation unique.
Le mieux est donc d’anticiper le cheminement, d’éviter les angles trop serrés et de manipuler les tubes très progressivement.
Protéger le tuyau de condensat
Le tuyau de condensat doit être protégé pendant le passage dans le mur. Un peu de ruban adhésif à son extrémité évite d’y faire entrer de la poussière, des gravats ou de petits morceaux de pierre.
Il faut également vérifier que son cheminement permet bien l’évacuation vers l’extérieur. Une fois tout refermé, c’est le genre de détail qui devient pénible à corriger.
Raccorder l’unité intérieure et le groupe extérieur
Les clapets de sécurité se montent sur les raccords prévus. Il y a une petite et une grosse liaison, et le principe est identique côté unité intérieure et côté groupe extérieur.
Le montage demande de la précision, mais pas de forcer comme un malade. On engage correctement le raccord, on serre d’abord à la main, puis on termine comme prévu par le fabricant, en utilisant les bonnes prises sur les raccords. Le serrage doit être sérieux, sans écraser ou abîmer les éléments.
Une fois les liaisons raccordées, le circuit peut être ouvert suivant la procédure de la notice. Après ouverture, il faut remettre les bouchons en place correctement.
Ensuite, bombe anti-fuite sur tous les raccords, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est vraiment le contrôle qui évite de découvrir trop tard qu’un raccord n’est pas étanche. Ici, aucune fuite n’a été détectée et l’installation a fonctionné dès la mise en route.
Fixer le groupe extérieur et limiter les vibrations
Le groupe extérieur a été posé sur une chaise support fixée au mur. Le support doit être solidement ancré et parfaitement de niveau. Là encore, les chevilles et fixations doivent être adaptées au mur concerné, surtout sur de la pierre ancienne.
Les vibrations étaient un vrai critère. Les petits patins fournis d’origine n’étaient pas assez rassurants, donc ils ont été remplacés par des patins plus gros et plus efficaces.
Pour aller au bout du truc, des bandes acoustiques en caoutchouc ont aussi été ajoutées entre le support mural et le mur, ainsi qu’au niveau des pieds. Résultat : pratiquement aucune vibration ressentie dans le mur.
Sur un mur moins épais, cette précaution peut vraiment faire la différence. Quand on veut être tranquille, mieux vaut assurer dès la pose plutôt que de devoir tout démonter plus tard.
Isoler, protéger et soigner les finitions
Les tuyaux étaient déjà isolés, mais ils ont été réisolés avec de l’isolant de plomberie, puis protégés avec du ruban adhésif solide et du ruban aluminium. L’objectif est de garder une installation durable et de protéger correctement les liaisons.
Les goulottes et l’habillage extérieur ont aussi été adaptés pour mieux se fondre dans le mur. Le polycarbonate et les éléments visibles ont été poncés et peints dans une teinte sable proche de l’enduit. C’est un peu de temps en plus, mais visuellement, ça change tout.
Il reste toujours quelques petites finitions à faire sur une installation comme celle-ci : fixer définitivement les gaines, ajuster le tuyau de condensat et reprendre les habillages. Ce sont des détails, mais ce sont eux qui donnent un résultat propre.
Comment choisir la bonne puissance de climatisation
Le choix de la clim ne doit pas se faire uniquement en prenant la puissance annoncée pile pour la surface de la pièce. Si une pièce fait 40 m² et qu’un modèle est donné pour 30 à 40 m², mieux vaut, selon mon approche, regarder le modèle juste au-dessus.
Une clim plus adaptée à la charge réelle de la pièce abaissera plus vite la température et aura moins tendance à fonctionner continuellement à fond. À l’inverse, une machine choisie trop juste risque de se déclencher plus souvent, de forcer davantage et de consommer plus.
La surface n’est d’ailleurs pas le seul critère. Il faut aussi tenir compte de l’isolation, du volume sous plafond, de l’exposition au soleil, des ouvertures et de la configuration réelle de la maison.
Le critère à ne surtout pas oublier : la classe climatique
Un point dont on ne parle pas assez, c’est la température extérieure maximale à laquelle le groupe peut fonctionner.
Quand il fait 44 degrés dehors, une clim prévue pour fonctionner jusqu’à 35 ou 40 degrés peut ne plus être performante, voire ne plus fonctionner correctement. Se retrouver à arroser ou brumiser le groupe extérieur pour le faire repartir, franchement, c’est absurde.
Le modèle installé ici fonctionne jusqu’à +46 °C, tout en pouvant aussi fonctionner jusqu’à -15 °C selon ses caractéristiques. C’était un critère important au moment du choix, notamment avec les épisodes de très fortes chaleurs.
Avant d’acheter, vérifie donc :
- La puissance adaptée à la pièce et à ses contraintes.
- La plage de fonctionnement en froid et en chaud.
- La température extérieure maximale supportée.
- La longueur des liaisons fournies.
- Le type de liaisons, notamment si elles sont préchargées.
- Les préconisations électriques du constructeur.
- Les accessoires réellement inclus dans le kit.
Les grandes leçons de cette installation
Une clim prête à poser peut être une solution très intéressante si le kit est conçu pour cela et si l’on respecte à la lettre les consignes du fabricant. Dans une maison classique avec des murs standards, le montage aurait été franchement simple.
Avec des murs épais en granit, la difficulté principale reste le perçage et le passage des liaisons. Il faut prévoir du temps, du matériel adapté, une bonne marge de longueur et beaucoup de patience.
Les points les plus importants à retenir sont les suivants :
- Anticiper l’emplacement du groupe extérieur, idéalement à l’ombre et accessible.
- Prévoir la bonne longueur de liaisons avant de commander.
- Ne jamais plier brutalement les tubes frigorifiques.
- Faire un trou de référence avant de carotter un mur très épais.
- Vérifier chaque raccord à la bombe anti-fuite.
- Suivre la notice pour l’électricité, le câblage et les protections.
- Traiter les vibrations dès le départ avec de bons patins et des bandes acoustiques.
- Ne pas négliger la température extérieure maximale de fonctionnement de la clim.
Au final, malgré le granit, les longueurs limitées, les tubes à manipuler avec précaution et les finitions à peaufiner, la climatisation est en service et fonctionne très bien. Le plus important reste de ne pas foncer tête baissée : sur ce type de chantier, réfléchir un bon coup avant de percer évite beaucoup de galères.